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Ambitieuse,protéiforme et bavarde "brève histoire de l'avenir"@Le Louvre

par Marie de la Fresnaye 24 Septembre 2015, 06:55 Expositions Paris Histoire de l'art

@Thomas Cole @ Tomas Saraceno @d'après Pieter Bruegel @Le Dominiquin @Ugo Rondinone @Marc Riboud Brève histoire de l'avenir, Le Louvre 2015.
@Thomas Cole @ Tomas Saraceno @d'après Pieter Bruegel @Le Dominiquin @Ugo Rondinone @Marc Riboud Brève histoire de l'avenir, Le Louvre 2015.
@Thomas Cole @ Tomas Saraceno @d'après Pieter Bruegel @Le Dominiquin @Ugo Rondinone @Marc Riboud Brève histoire de l'avenir, Le Louvre 2015.
@Thomas Cole @ Tomas Saraceno @d'après Pieter Bruegel @Le Dominiquin @Ugo Rondinone @Marc Riboud Brève histoire de l'avenir, Le Louvre 2015.
@Thomas Cole @ Tomas Saraceno @d'après Pieter Bruegel @Le Dominiquin @Ugo Rondinone @Marc Riboud Brève histoire de l'avenir, Le Louvre 2015.
@Thomas Cole @ Tomas Saraceno @d'après Pieter Bruegel @Le Dominiquin @Ugo Rondinone @Marc Riboud Brève histoire de l'avenir, Le Louvre 2015.
@Thomas Cole @ Tomas Saraceno @d'après Pieter Bruegel @Le Dominiquin @Ugo Rondinone @Marc Riboud Brève histoire de l'avenir, Le Louvre 2015.

@Thomas Cole @ Tomas Saraceno @d'après Pieter Bruegel @Le Dominiquin @Ugo Rondinone @Marc Riboud Brève histoire de l'avenir, Le Louvre 2015.

Qui trop embrasse mal étreint, selon l'adage populaire et transposer un livre "Une brève histoire de l'avenir" sur les cimaises d'un musée n'est pas à la portée de tous y compris quand on s'entoure d'éminents spécialistes. A la barre de ce navire qui chaloupe entre les époques et les genres sous le poids d'un trop lourd chargement, Jean de Loisy adepte de la pensée rhizomique et Dominique de Font-Réaulx digne représentante du Louvre, l'institution invitante, le tout sous le commissariat scientifique de Jacques Attali.Que l'on se rassure il n'est pas indispensable d'avoir lu le livre éponyme avant d'entamer ce long voyage, un film en fin de parcours retrace les 5 vagues de l'avenir d'après celui qui est devenu le conseiller des grands de ce monde. Deux cents oeuvres réparties en 4 grands chapitres : "l'ordonnancement du monde, le cycle de l'histoire, l'élargissement du monde et demain ?" entendent ouvrir un dialogue inédit entre art ancien et création contemporaine, échange et repli, récit et utopie. Dès l'entrée du parcours la grande roue de l'histoire donne le ton couplée à l'installation de Geoffrey Farmer, sorte de théâtre de marionnettes prises dans un engrenage sans fin. Aveugles nous sommes (Pieter Bruegel) sur le chemin de l'éveil et d'une possible renaissance (Mark Manders). Même nos génies bâtisseurs (Fernand Léger) semblent des acrobates en équilibre précaire, tandis que les toiles d'araignées de Tomas Saraceno explorent de nouvelles synergies contemporaines. Puis sont évoqués les instruments de l'échange avec des pièces archéologiques de Mésopotamie, Chine et Afrique confrontés à l'Allégorie de la Richesse de Simon Vouet. De cette perspective découle la transmission du savoir (bibliothèque allégorique de Camille Henrot) qui pourtant n'est évoquée que dans la session suivante.Entre temps, évocation de jardins des délices (étrange raccourci entre des panneaux de décor de style végétal saz avec l'oeuvre de Jeff Koons Gazing Ball) "empires et fracas des armes" avec les tableaux fascinants de Thomas Cole montrés en France pour la première fois.Sans doute l'une des trouvailles de l'exposition. Belle parenthèse poétique avec l'évocation des nuages à l'horizon (Constable et Ugo Rondinone), tandis que l'espace s'élargit au fur et à mesure de la conquête de nouveaux territoires. C'est là qu'entre en jeu Isabelle Cornaro sur fond d'un important panorama de la manufacture Zuber. Les voies commerciales ouvrent le champ de la cartographie du vivant. Arrivent les sociétés modernes et leur désillusion progressive avec Rirkrit Tiravanija et sa relecture des titres de l'actualité et Chéri Samba et sa longue frise colorée des ambiguïtés de notre monde ("La destruction du monde par l'homme"). Aliénation progressive de la conscience (Raoul Hausmann) et de la liberté individuelle (Martin Parr) jusqu'à la chute finale (Rodin fragment martyr de l'Ombre retrouvé dans les décombres de l'attentat du World Trade Center). On se croirait dans le scénario du Bucher des Vanités de Tom Wolf. Et demain ? la rédemption est-elle possible face à ces cendres brûlantes ? Eternel questionnement. Ai Weiwi signe avec Fondation,sorte d'agora vidée de présence et faite de colonnes privées de toute substance l'oeuvre miroir de notre impuissance face aux exactions de l'état islamiste sur les grands sites fondateurs de l'humanité. On aurait pu s'arrêter là mais cette brève histoire de l'avenir qui n'en n'est pas une, entend réamorcer le processus à travers l'évocation des oracles et prophéties : la Sibylle de Cumes du Dominiquin face à la photographie d'une funambule de Rhona Bitner. Artiste veilleur ou prophète ou le devin Jacques Attali lui-même, visionnaire des malheurs de notre temps ? Une chose est sûre, pour tenter d'amorcer une vision prospective, rien de mieux que de se replonger dans l'histoire des civilisations passées.

Infos pratiques :

Une brève histoire de l'avenir

jusqu'au 4 janvier 2016

Le Louvre

Hall napoléon

et conjointement à Bruxelles, aux musées Royaux des Beaux Arts dans une version ultra contemporaine.

Autour de l'exposition à Paris : conférences, rencontres avec les artistes, colloque au Collège des Bernardins, cycles de cinéma, concerts...

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