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Dominique Gonzalez-Foerster, machine à explorer le temps @Centre Pompidou

par Marie de la Fresnaye 25 Septembre 2015, 20:36 Cinéma Expositions Paris

Visite presse Dominique Gonzalez-Foerster @Centre Pompidou 2015 (teaser)

Après "Expodrome" au musée d'art moderne de la ville de Paris en 2007, et plus récemment des apparitions furtives lors de l'ouverture de la Fondation Vuitton, Dominique Gonzalez-Foerster s'installe au Centre Pompidou dont elle métamorphose entièrement la galerie sud. Un labyrinthe où s'entrecroisent différents régimes d'apparition de l'image, laissant au spectateur le pouvoir de choisir entre le réel et la fiction, le présent ou le passé, le fragment ou la totalité. Deux dates encadrent cet espace-temps ouvert : 1887, année de la construction du Palacio de Cristal de Madrid (qu'elle a investit de son Splendide Hotel l'année dernière), émergence de la modernité et 2058. Entre les deux, des indices invitent le regardeur à parcourir une traversée poly-sensorielle ponctuée de paysages, de chambres, d'ombres spectrales, d'environnements. Ce méta récit introspectif aux multiples entrées, sorte de scène de théâtre ou d'opéra (la figure d'Othello n'est jamais loin) qui conjugue littérature, cinéma et musique peut dérouter de prime abord mais se diffuse peu à peu et court-circuite ou libère notre propre perception. L'ambiance tropicale et les couleurs du Brésil, pays qui l'inspire pour y vivre mais aussi Emily Brontë, Lola Montes, Scarlett O'Hara, Vera Nabokov, Marilyn Monroe,Fitzcarraldo ou Bob Dylan des personnages qu'elle convoque et incarne le temps d'une éphémère chorégraphie au montage si singulier. Et quand l'on trouve la porte fermée de la chambre 19 il faut franchir un pas de plus dans la trame fictionnelle du Splendide Hotel en lien avec le film de 1950 "Si Paris l'avait su"où une soeur découvre la disparition de son frère lors de leur visite de l'Exposition Universelle. De même face au plexiglas du début du parcours qui renvoie au film De Novo cette fois réalisé par l'artiste elle-même sur ses multiples expériences à la Biennale de Venise et leur part de déception ou de manque. Il faut entendre Emma Lavigne la commissaire en parler de sa voix captivante et inspirée, citant Alain Resnais "l'Année dernière à Marienbad" ou Rainer Fassbinder "l'amour est plus froid que la mort", une façon élégante d'étirer le temps avant de prendre place dans un fauteuil à bascule face à un gramophone ou à bord du Cosmodrome, ultime expérience de cette odyssée du futur, fragmentaire et sensible.

Figure majeure de l'art contemporain, ses travaux sont présentés dans le monde entier et le prix Marcel Duchamp lui est décerné en 2002 pour l'ensemble de sa carrière. La Tate Modern l'invite à investir la Turbine Hall en 2008.

L'exposition de Paris s'inscrit dans une trilogie amorcée au musée d'art moderne de Rio de Janeiro et suivie d'une itinérance au K.20 à Düsseldorf.

Egalement lors de votre visite, ne manquez pas Julien Prévieux, "des corps schématiques".Lauréat du Prix Marcel Duchamp il a conçu cette exposition pour l'espace 315 comme un état des lieux de ces recherches autour de la mesure du corps dans différentes situations.

Infos pratiques :

Dominique Gonzalez-Foerster : 1887-2058

Centre Pompidou

jusqu'au 1er février 2016

Autour de l'exposition : visites commentées, rencontres et performances.

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