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Lille3000 (2): Phnom Pehn, Joie de vivre,Là où commence le jour et une kyrielle d'autres événements inégaux

par Marie de la Fresnaye 28 Septembre 2015, 07:32 Regions

@Lille3000 Renaissance,journées presse.
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Christian Caujolle, fondateur de Vu et commissaire de l'exposition dédiée à la ville de Phnom Pehn au musée de l'Hospice Comtesse mêle volontairement trois générations de créateurs sur fond de destin tragique : les survivants, la génération née après Pol Pot et celle des jeunes plus décomplexés, comme le formidable blogueur et photographe Ti Tit "Cambodge is bizarre" qui se met en scène dans des situations contradictoires. Parmi les artistes reconnus à l'international, Sopheap Pich imagine pour la splendide chapelle du XVIIè siècle un bouddha en rotin (matière pauvre et fragile) inachevé, une façon d'interroger la mémoire et les massacres perpétués. Le photographe Lina Pha dans sa série sur les familles vivant dans le Ratanakiri dont il entrave les membres avec un ruban jaune décrit un mode de vie traditionnel soumis à une déforestation catastrophique. Philong Sovan vu à Photoquai photographie ses sujets dans la nuit pour montrer une autre réalité, tandis que Lim Sokchanlina dans des autoportraits sur sa moto interroge les clichés de façon absurde et burlesque. Plusieurs de ces artistes ont été découverts au festival Photo Phnom Pehn. Une réussite dans un cadre patrimonial transformé également par la géante "Breathing Flower"du coréen déjà cité Choi Jeong Hwa qui donne le ton dans la cour.

Eindhoven, l'ancien fief de la société Philips qui déménage à Amsterdam et entraîne une crise sans précédent, se réinvente à travers le design (Design Academy School) et l'innovation technologique (High Tech Campus). La Maison Folie Moulins se transforme en une vaste ruche autour des ces makers, communautés de passionnés qui se réunissent pour partager leur savoir-faire, d'un FabLab et espace de co-working.

Parmi les projets qui explorent la Renaissance en tant que telle dans son versant historique et humaniste, nous ne nous attarderons pas sur la proposition de Fabrice Bousteau, à la tête de Beaux Arts magazine "Tu dois changer ta vie" au dernier étage du Tripostal. Je ne sais s'il s'applique cette injonction mais transposée dans le champ de l'art cela donne un continuum sensoriel décousu d'où émergent les oeuvres de Julien Salaud "Grotte Stellaire", Cécile Beau "Erosion" et Gilles Barbier. Ce côté new age faussement prospectif ne sert pas les artistes.

Le Palais des Beaux arts dans une lecture sans doute trop scolaire, explore le bonheur sous toutes ses formes de l'Antiquité à nos jours. Cette"Joie de vivre" se diffuse dès le hall du musée avec Niki de St Phalle et se poursuit sous le soleil avec Roy Lichtenstein, Henri Cross, Robert Delaunay et le sublime Munch "Hommes se baignant".Puis vient le temps des jeux avec Renoir, Vallotton, Picasso confrontés à Coypel, Lancret et un fascinant Chardin "Petite fille jouant au volant" des Offices de Florence. Parties de campagne, liens précèdent la section la plus pertinente je trouve sur les liesses et bals. L'on retrouve la tradition des carnavals du nord célébrés par Brueghel et Van Bredael "Fête traditionnelle à Anvers avec le géant Drunon Antigon" qui préfigure les grandes poupées chanteuses de l'actuelle parade lilloise. Les festins annoncent l'exaltation des corps et autres sensualités. Un éros gourmand qui traverse les âges. Très amusante confrontation entre la Jeune fille au repos (Louise O'Murphy) de Boucher et la même revue et corrigée par Feldmann. Dialogue entre Rodin et Mapplethorpe auquel nous sommes habitués avant que le dernier chapitre sur les rires clôture ce panorama décloisonné et innovant.

La proposition plus aboutie se déroule au LaM à Villeneuve d'Ascq. Marc Donnadieu et Sophie Levy les commissaires de "Là où commence le jour" nous invitent à une odyssée du crépuscule à l'aube, un rêve éveillé où il est question de reconnaissance,d'émancipation,d'être au monde. Curiositas, talismans, muses et prêtresses nous guident sur le chemin de la révélation ponctué de plus de 130 oeuvres (installations, videos, peintures, photographies) qui dialoguent avec une sélection de livres, estampes et dessins du Moyen Age et de la Renaissance. Laurent Grasso, Bill Viola, Giuseppe Penone, Gina Pane, Albert Dûrer mais aussi Evariste Richer, Laurent Pernot ou Melik Ohanian des signatures confirmées ou plus émergentes dans des rapprochements formels très subtils. Une Renaissance intérieure que chacun est habitué à vivre le temps de cette parenthèse à part.

En parallèle, Nicolas Wilmouth à La Corderie de Marcq-en-Bareuil avec ses portraits ou natures mortes photographiques nous plonge dans la peinture du XVIIè siècle avec volupté, tandis que Julien Salaud poursuit ses hybridations magiques dans la Chapelle de la maison folie de l'hospice d'Havré avec "Légende d'automne".

Il faudrait également citer" l'Usine de films amateurs" de Michel Gondry à la Condition Publique de Roubaix, manufacture culturelle qui fait un travail social et associatif remarquable et Panorama 17 au Fresnoy de Tourcoing, école et studio national des arts contemporains qui confie cette année l'exposition de ses diplômés à Didier Semin, professeur aux Beaux Arts de Paris."Techniquement douce" formule empruntée à Antonioni incarne cette faculté d'interroger les différents territoires de l'image en mouvement.

Chagall bientôt à La Piscine "les sources de la musique", autre référent dans le paysage culturel roubaisien et au-delà, promet d'être un nouveau temps fort, troisième volet d'un hommage inédit démarré en 2007 autour de la céramique.

Les arts vivants ne sont pas en reste à travers l'opéra, l'orchestre national, le théâtre du nord, les cafés renaissances et autres fabriques culturelles initiées lors des précédentes éditions.

On l'aura compris cette utopie Renaissance entend innerver l'ensemble du territoire de l'Eurométropole et sous des facettes multiples. Espérons que l'élan porteur de sens suscite un appel d'air durable pour une région dont la culture est un vecteur d'image important. En tous cas le voyage s'impose, il y en aura pour tous les goûts !

Préparer votre visite :

jusqu'au 17 janvier 2016

http://www.renaissance-lille.com/

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