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Prostitution, imaginaire et laboratoire de la modernité au XIXè siècle @Orsay

par Marie de la Fresnaye 29 Septembre 2015, 07:14 Expositions Paris

@André Derain @Edouard Manet @Henri de Toulouse-Lautrec.Splendeurs et misères@musée d'Orsay.
@André Derain @Edouard Manet @Henri de Toulouse-Lautrec.Splendeurs et misères@musée d'Orsay.
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@André Derain @Edouard Manet @Henri de Toulouse-Lautrec.Splendeurs et misères@musée d'Orsay.
@André Derain @Edouard Manet @Henri de Toulouse-Lautrec.Splendeurs et misères@musée d'Orsay.

@André Derain @Edouard Manet @Henri de Toulouse-Lautrec.Splendeurs et misères@musée d'Orsay.

Horizontales, demi mondaines,courtisanes, pierreuses,verseuses, filles en carte, des mots différents pour une même réalité : la prostitution dans Paris de la 2de moitié du XIXè siècle. Capitale des plaisirs, Babylone des temps modernes, la Ville lumière devient un haut lieu de l'amour tarifé sous le Second Empire qu'il soit réglementé ou clandestin. C'est cet angle que choisit le musée d'Orsay, associé au Van Gogh Museum d'Amsterdam, pour cette première en France et grande exposition de rentrée contrariée par une grève suite à l'annonce de l'ouverture des musées 7 jours/7. Du boulevard à la maison close il n'y a qu'un pas favorisé par le nouvel éclairage au gaz. Une métamorphose du paysage urbain dont les "belles de nuit" s'emparent, simples ouvrières en quête de revenus complémentaires ou cocottes avides d'ascension sociale dont le raffinement des toilettes et des demeures jette un voile sur la frontière entre le monde et le demi-monde. Un climat interlope fantasmé qu'accompagne les débuts de la photographie et du cinéma. Le daguerréotype, l'essor de la carte postale photographique donnent naissance à des scènes de genre censées recréer l'ambiance de la maison close mais composées dans l'atelier du photographe qui reste anonyme sous peine de poursuite. Echangées sous le manteau, ces images corsées d'érotisme ont un parfum d'interdit qui alimente toutes les projections. Les artistes s'en saisissent bientôt et le bordel devient un véritable laboratoire de la modernité pour des peintres comme Rops, Anquetin et Toulouse-Lautrec qui partage véritablement le quotidien des filles. Des motifs qui seront repris bientôt par d'autres artistes, Kupka, Picasso, Derain, Van Dongen allant jusqu'à un traitement caricatural et outrancier. Des recherches formelles autour du langage du corps qui se radicalisent alors sous le coup du cubisme naissant avec Picasso, dont les Demoiselles d'Avignon signent une révolution sans précédent. C'est dans un parcours aux tonalités boudoir signé Robert Carsen que 410 oeuvres restituent cette société parisienne du second XIXIè siècle où les maisons de tolérance sont légalisées avant que la loi Marthe Richard ne les ferme définitivement en 1946 sous les pressions des féministes. Précisons que ce regard artistique est principalement porté par des hommes,peu de ces filles ont témoigné et la réalité crue elle s'écrit dans les salles de St Lazare, hôpital pour les syphilitiques et lieu de détention. Après Masculin/Masculin et Sade, le musée d'Orsay a décidé d'user d'un angle sulfureux. Reste à savoir si le sexe attire toujours autant les foules. Les paris sont ouverts !

L'auditorium du musée, se met également à l'heure grivoise avec le Café Polisson proposé par Nathalie Joly, l'illustration en chansons de l'exposition.

Infos pratiques :

Splendeurs et misères

Images de la prostitution, 1850-1910

Musée d'Orsay

jusqu'au 17 janvier 2017

Catalogue aux éditions musée d'Orsay/Flammarion, 308 pages, version bilingue.45€

Programmation en résonance : conférences, lectures, colloque "Images et imaginaires de la prostitution au XIXè siècle", table ronde Prostitutions : expressions, transactions, figurations"

Prochainement : Qui a peur des femmes photographes ? deuxième partie (la première étant à l'Orangerie)

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