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Démoniaque et visionnaire estampe au Petit Palais !

par Marie de la Fresnaye 4 Octobre 2015, 22:08 Expositions Paris

Kuniyoshi, Agnès Guillaume, Estampe visionnaire @Petit Palais@BNF
Kuniyoshi, Agnès Guillaume, Estampe visionnaire @Petit Palais@BNF
Kuniyoshi, Agnès Guillaume, Estampe visionnaire @Petit Palais@BNF
Kuniyoshi, Agnès Guillaume, Estampe visionnaire @Petit Palais@BNF
Kuniyoshi, Agnès Guillaume, Estampe visionnaire @Petit Palais@BNF
Kuniyoshi, Agnès Guillaume, Estampe visionnaire @Petit Palais@BNF
Kuniyoshi, Agnès Guillaume, Estampe visionnaire @Petit Palais@BNF
Kuniyoshi, Agnès Guillaume, Estampe visionnaire @Petit Palais@BNF
Kuniyoshi, Agnès Guillaume, Estampe visionnaire @Petit Palais@BNF

Kuniyoshi, Agnès Guillaume, Estampe visionnaire @Petit Palais@BNF

Moins connu que le trio Utamaro, Hokusai et Hiroshige, Kuniyoshi (1797-1861) exposé pour la première fois en France révèle tout son talent au Petit Palais et annonce, au delà de l'ukiyo-e une audacieuse modernité qui préfigure la vague du manga. Plus de 250 oeuvres fourmillent dans une scénographie qui provoque un choc visuel dès le départ avec ces détails surdimensionnés échappés de la folie du maître. Guerriers, créatures fantastiques, acteurs du kabuki mais aussi scènes intimistes de l'Edo (geishas et courtisanes, lutteurs de sumo) et caricatures décalées signent une liberté d'inspiration et un goût de l'anticonformisme qui ne le placent pas dans le registre de l'art décoratif dominant en Europe. Privilégiant un format en triptyque pour favoriser une narration fluide et le mouvement, ses effets de cadrage complètent une étonnante inventivité. Il séduira dès le Seconde Empire les frères Goncourt, Samuel Bing ou Claude Monet, sensible à ses paysages, au traitement de ses ciels ou ses nuages. C'est à partir de 1842 pour détourner la censure qu'il imagine ses premières caricatures certaines sous forme anthropomorphes truculentes autour des types et caractères humains. Celles en forme de puzzle sont incroyables, une version Arcimboldo au pays des shoguns ! Un délice...

Quand le Romantisme s'écrit à l'encre noire :

Une habile transition nous plonge alors dans l'univers mystérieux de l'estampe visionnaire peuplée de fantasmagories et visions macabres. La video contemporaine d'Agnès Guillaume "My Nights" nous rappelle la tempête sous un crâne de Victor Hugo, ces insomnies chroniques de regardeur éveillé,anxiogène et inspirante. La chronologie s'inscrit dans le sillage des grandes figures que sont Albert Dürer, la Mélancolie, Jacques Callot, la Tentation de St Antoine, Rembrandt, le Docteur Faust et Piranèse, les Prisons.Les artistes de la génération romantique sont le fer de lance de cette nouvelle lithographie tout juste inventée qui magnifie les noirs. Bientôt les Caprices de Goya se répandent dans leur imaginaire qui se nourrit également d'images vernaculaires (spectacles optiques, lanterne magique, diableries).Gustave Doré, Félix Bracquemond ou Alphonse Legros pas un ne cède aux assauts du fantastique. Odilon Redon va créer une rupture en pleine veine naturaliste avec "Dans le rêve"en 1879, suite présentée dans un espace à part de forme ovale pour rappeler son attrait pour la figure de l'oeil.Esotérisme, satanisme, on nage en plein sabbat et la femme fatale fauche sur son passage ! C'est puissant et habité, il faut prendre le temps à nouveau de scruter les moindres détails. Le climat d'intimité créé par la scénographie permet de s'immerger complètement dans ces visions hallucinées. A vous de succomber...

Pour prolonger dans les collections permanentes, ne manquez pas l'exposition dossier "Sabbat et tentations, Dürer, Callot et Desmazières".

Infos pratiques :

Fantastique !

deux expositions, un seul billet.

Petit Palais

jusqu'au 17 janvier 2016

Publications autour des expositions.

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