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1ère Biennale des photographes du monde arabe contemporain, au delà des stéréotypes ?

par Marie de la Fresnaye 11 Novembre 2015, 10:02 Photographie

©Mouna Saboni Giulio Rimondi Safaa Mazirh Hicham Gardaf Yazan Khalili Andrea & Magda Emy Kat Maher Attar Stéphane Couturier.
©Mouna Saboni Giulio Rimondi Safaa Mazirh Hicham Gardaf Yazan Khalili Andrea & Magda Emy Kat Maher Attar Stéphane Couturier.
©Mouna Saboni Giulio Rimondi Safaa Mazirh Hicham Gardaf Yazan Khalili Andrea & Magda Emy Kat Maher Attar Stéphane Couturier.
©Mouna Saboni Giulio Rimondi Safaa Mazirh Hicham Gardaf Yazan Khalili Andrea & Magda Emy Kat Maher Attar Stéphane Couturier.
©Mouna Saboni Giulio Rimondi Safaa Mazirh Hicham Gardaf Yazan Khalili Andrea & Magda Emy Kat Maher Attar Stéphane Couturier.
©Mouna Saboni Giulio Rimondi Safaa Mazirh Hicham Gardaf Yazan Khalili Andrea & Magda Emy Kat Maher Attar Stéphane Couturier.
©Mouna Saboni Giulio Rimondi Safaa Mazirh Hicham Gardaf Yazan Khalili Andrea & Magda Emy Kat Maher Attar Stéphane Couturier.
©Mouna Saboni Giulio Rimondi Safaa Mazirh Hicham Gardaf Yazan Khalili Andrea & Magda Emy Kat Maher Attar Stéphane Couturier.
©Mouna Saboni Giulio Rimondi Safaa Mazirh Hicham Gardaf Yazan Khalili Andrea & Magda Emy Kat Maher Attar Stéphane Couturier.

©Mouna Saboni Giulio Rimondi Safaa Mazirh Hicham Gardaf Yazan Khalili Andrea & Magda Emy Kat Maher Attar Stéphane Couturier.

Sous l'impulsion de Jack Lang, président de l'Institut du monde arabe, ce nouvel événement entend croiser les regards, dépasser les stéréotypes pour donner à voir la réalité et les nuances d'un monde pluriel. Porté également par la Maison Européenne de la Photographie, le projet innerve tout le long du parcours entre les 2 institutions phares. Lors de mon interview pour l'Oeil de la Photographie avec Gabriel Bauret, le commissaire général il est question de fragilités, de rendez-vous manqués, de crispations nées d'une surmédiatisation mais également de poésie et de métaphysique. La photographie pour ceux qui opèrent de l'intérieur ou de l'extérieur ouvre un dialogue et propose une vision distanciée sur une actualité anxiogène. Alors, qui sont ces artistes et que veulent-ils nous donner à voir ?

Le parcours s'ouvre sur l'excellente série "Beirut Walls" de Joe Kesrouani avec cet horizon bleu méditerrané peu à peu rogné par les buildings et les tours de promoteurs avides. Un dédale sans âme pour une élite privilégiée. Lui répond Medhi Medacci et ses images métaphoriques et poétiques autour du manque, de la disparition progressive d'un monde.Des signes que le spectateur est invité à investir. Puis l'on est dirigé dans un espace dédié au sublime "Shadow Sites"de Jananne Al-Ani une cartographie de l'ombre où des sites archéologiques vus du ciel révèlent un potentiel latent. A l'aune des événements récents sur les grands sites du Moyen Orient ces images prennent une aura supplémentaire. Giulio Rimondi avec "Intérieurs provisoires" ouvre l'espace domestique et ses enjeux. Ici ce sont des réfugiés syriens vivant dans des conditions extrêmes au Liban. Anne-Marie Filaire elle, photographie les chambres des étudiantes de l'université de Sharjah (Emirats Arabes Unis) dans le cadre de son projet sur l'adolescence dans le monde arabe démarré en 2007. Y transparaissent des signes de quête d'émancipation dans cette ville parmi les plus conservatrice du Golfe. Egalement regard décalé sur la jeunesse par Amélie Debray avec ces spectatrices du stade en Palestine où le football est roi ! Acte de résistance au féminin avec Mouna Saboni qui revient sur les maltraitances toujours plus nombreuses faites aux égyptiennes "La Peur". Chez George Awde ce sont des jeunes garçons arabes dans sa série "His passing Cover" autour du questionnement des rôles traditionnels et de la masculinité. Mémoire et absence avec Diana Matar "Evidence",fragments de passé chez Steve Sabella, retour aux sources et à la nature pour Khalil Nemmaoui, monde de l'enfance chez Malik Nejmi : c'est bien à une vision plurielle et éclatée que nous assistons et c'est là toute la subtilité de la démarche qui me séduit. Ne pas manquer au 4è étage dans une cour ouverte qui reproduit celle des prisons auxquelles s'intéresse Samuel Gratacap et ses "Naufragés"de l'attente. Un uppercut saisissant !

A la Maison Européenne de la Photographie, la série du duo Andrea&Magda "Sinaï Park"parle d'un territoire complètement transformé par un tourisme galopant mais fortement déstabilisé par les tensions récentes. Massimo Berruti avec "la Crise de l'eau à Gaza et en Cisjordanie"dénonce les importants risques sanitaires auxquels sera cruellement confrontée la population d'ici 2020. Un projet engagé qui a reçu le prix photo de l'Agence Française du Développement. Stéphane Couturier avec Climat de France, cité d'Alger moderniste, devenue l'ancien fief des islamistes dans les années 1990 scrute cette archéologie urbaine entre espoir et désenchantement. Leila Alaoui inspirée par Avedon propose avec les "Marocains"une pluralité de portraits, tandis que Daoud Aoulad-Syad père de la photographie contemporaine marocaine capte cet instant décisif cher à Cartier-Bresson avec une mélancolie fugitive. Egalement rétrospective du photoreporter de l'agence Magnum, Bruno Barbey témoin de nombreux changements et conflits mondiaux, que l'on soit au Maroc, au Koweït, en Inde, au Vietnam, au Nigeria...L'acuité d'un explorateur de poésie.

Ce panorama se referme et l'on reste habité par ces paysages, ces ombres et lumières, cette douceur de gestes et de poses ou cette violence latente, cette mémoire qui ne demande qu'à resurgir. Arabes et avant tout citoyens d'un monde fragile et globalisé,ces artistes nous laissent un message de tolérance et de beauté. Un voyage au coeur de Paris le long de la Seine qui vous parle de l'intérieur.

Infos pratiques :

Première Biennale des photographes du monde arabe contemporain

8 lieux/50 artistes

jusqu'au 17 janvier 2015

http://biennalephotomondearabe.com/

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