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Tout est paysage avec Dubuffet à la Fondation Beyeler !

par Marie de la Fresnaye 3 Février 2016, 20:51 International Art Brut

Jean Dubuffet : Paysage aux argus, Gardes du corps, Le Voyageur égaré, Mêle moments, Le commerce prospère, Corps de dame avec pièce de boucherie. Beyeler Foundation, présentation presse.
Jean Dubuffet : Paysage aux argus, Gardes du corps, Le Voyageur égaré, Mêle moments, Le commerce prospère, Corps de dame avec pièce de boucherie. Beyeler Foundation, présentation presse.
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Jean Dubuffet : Paysage aux argus, Gardes du corps, Le Voyageur égaré, Mêle moments, Le commerce prospère, Corps de dame avec pièce de boucherie. Beyeler Foundation, présentation presse.

Jean Dubuffet : Paysage aux argus, Gardes du corps, Le Voyageur égaré, Mêle moments, Le commerce prospère, Corps de dame avec pièce de boucherie. Beyeler Foundation, présentation presse.

Souvent rattaché à l'art brut et au graffiti, Jean Dubuffet a ouvert la voie à d'autres langages et territoires avant-gardistes, dont se réclament de nombreux artistes contemporains. C'est l'un des mérites de cette exposition organisée par la Fondation Beyeler,inédite à plus d'un titre, que de souligner cette dimension plurielle. Les liens de l'artiste avec la Suisse où il invente le concept d'art Brut et Ernst Beyeler, son galeriste et ami donnent à cette 1ère rétrospective helvétique un caractère intime supplémentaire. L'axe choisi et magistralement développé par Raphaël Bouvier, le commissaire autour d'une centaine d'oeuvres dont certaines dévoilées au public, est le paysage comme espace de projection et de questionnement.

La surface et la profondeur, l'horizontal/le vertical, l'intérieur/l'extérieur, l'archaïque/la préciosité, le beau/le laid : autant de champs contradictoires qu'il n'a cessé d'explorer, creusant dans la matière du sol tel un géologue insatiable. Visage/paysage ou corps/paysage il est question du cycle de la renaissance et ses métamorphoses infinies. Hautes pâtes, pâtes battues tout devient matière : objets, natures mortes, tables, dans une puissante et joyeuse célébration du quotidien, la "natura genitrix".Grotesques portraits de ses amis (Plus beaux qu'ils croient), nus féminins offerts telles des déesses primitives (Corps de dames), cervelle humaine, les conventions du motif (le nu féminin dans l'histoire de l'art) s'effacent. Les tonalités terreuses ou sanguines (n'oublions pas que Dubuffet a été d'abord un négociant en vins) jouent avec le paysage des alentours de la fondation,cette campagne baloise préservée dont les sols naturels répondent aux tableaux.

Bientôt il rapporte du Sahara de nouveaux matériaux : grains de sables, pierre de lave, bois flotté qui s'ajoutent aux éponges, charbon de bois,mâchefer dans une évidente économie de moyens. Cette période traduite dans une petite salle aux allures de cabinet des merveilles est un délice. Dans une semi obscurité surgissent les "Petites statues de la vie précaire"qui coexistent avec des paysages/mosaïques richement ornementés et d'un chromatisme plus présent. Ailes de papillons ou échantillons de pierre, ces assemblages inspirés de la région de Vence deviennent les fragments des "Topographies" et "Texturologies"vastes ensembles bientôt rehaussés de matières artificielles, telles le papier doré ou argenté comme pour en souligner l'empreinte poétique et mythique.

Le retour à Paris en 1960 coïncide avec la fin de ces "Matériologies" et une nouvelle orientation stylistique. Désormais il se passionne pour l'énergie de la vie urbaine à travers la série "Paris Circus"où la couleur explose recréant l'agitation et la surabondance des signes. Une ironie grinçante pointe dans les noms des enseignes "Au poids truqué""Filou" comme si un monde d'escrocs était prêt à surgir. L'artiste tourne résolument le dos aux textures et surfaces pour se dédier à la ligne, ce qui le conduit à son plus vaste et ambitieux cycle :" l'Hourlope", rébus qui anticipe le grand spectacle "Coucou Bazar"oeuvre d'art total, symbiose pluridisciplinaire, dont deux figures costumées reprennent vie sous nos yeux ! Le paysage devient alors un genre sculptural.

La dernière phase de sa création avant qu'il ne se donne la mort suite à de trop grandes souffrances se caractérise une productivité intense avec les "Théâtres de la mémoire""Mires" et "Non-lieux", champ du cygne et geste d'anticipation nihiliste. Point de non retour d'un être profondément libre et rebelle, célébré par Keith Haring, Georg Bazelitz, Miquel Barcelo, Claes Oldenburg ou Ugo Rondinone et David Hockney comme cela est souligné dans le précieux catalogue à travers leurs témoignages exclusifs.

Assurément une redécouverte !

-Lecture rapide,

En bref, 3 bonnes raisons d'y aller :

1. Les liens de Dubuffet avec la Suisse et la Collection Beyeler (12 oeuvres emblématiques dans la collection et pas moins de 750 oeuvres vendues par la galerie)

2. Les prêts exceptionnels d'oeuvres jamais montrées et au destin exceptionnel comme les "Gardes du corps" qui réapparaissent après 40 ans d'absence.

3. L'influence de Dubuffet sur l'art actuel, et pas seulement sur le Street Art.

Infos pratiques :

Jean Dubuffet, Métamorphoses du paysage

Fondation Beyeler (Bâle)

jusqu'au 8 mai 2016

Performance "Coucou Bazar" et programmation en résonance.

www.fondationbeyeler.ch

Prochainement à la Fondation :

Après une année de fréquentation record en 2015 due à l'effet Gauguin, le cru 2016 s'annonce remarquable avec à partir du 29 mai Calder & Fischli/Weiss puis Kandinsky, Marc & Der Blaue Reiter, Roni Horn et un chemin transfrontalier avec Tobias Rehberger, été 2016. à vos agendas !

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