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Vivien Roubaud, Martin Soto Climent, Simon Evans, Louidgi Beltrame, les frères Quistrebert et Alberola : arpenteurs de l'intervalle

par Marie de la Fresnaye 28 Février 2016, 18:49 Expositions Paris

©Vivien Roubaud© JM Alberola ©Florian et Michael Quistrebert ©Martin Soto Climent ©Louidgi Beltrame ©Shana Moulton.
©Vivien Roubaud© JM Alberola ©Florian et Michael Quistrebert ©Martin Soto Climent ©Louidgi Beltrame ©Shana Moulton.
©Vivien Roubaud© JM Alberola ©Florian et Michael Quistrebert ©Martin Soto Climent ©Louidgi Beltrame ©Shana Moulton.
©Vivien Roubaud© JM Alberola ©Florian et Michael Quistrebert ©Martin Soto Climent ©Louidgi Beltrame ©Shana Moulton.
©Vivien Roubaud© JM Alberola ©Florian et Michael Quistrebert ©Martin Soto Climent ©Louidgi Beltrame ©Shana Moulton.
©Vivien Roubaud© JM Alberola ©Florian et Michael Quistrebert ©Martin Soto Climent ©Louidgi Beltrame ©Shana Moulton.
©Vivien Roubaud© JM Alberola ©Florian et Michael Quistrebert ©Martin Soto Climent ©Louidgi Beltrame ©Shana Moulton.
©Vivien Roubaud© JM Alberola ©Florian et Michael Quistrebert ©Martin Soto Climent ©Louidgi Beltrame ©Shana Moulton.
©Vivien Roubaud© JM Alberola ©Florian et Michael Quistrebert ©Martin Soto Climent ©Louidgi Beltrame ©Shana Moulton.

©Vivien Roubaud© JM Alberola ©Florian et Michael Quistrebert ©Martin Soto Climent ©Louidgi Beltrame ©Shana Moulton.

Une nouvelle saison épurée au Palais de Tokyo, "Arpenter l'intervalle" qui donne une large place à la peinture avec l'ambitieuse rétrospective consacrée au français Jean-Michel Alberola pas assez reconnu semble t-il au vu de son talent qui irrigue ce large ensemble déchiffrable comme un rébus poétique et engagé, et la première monographie dédiée à Florian et Michael Quistrebert qui investissent 1000m² rejouant les grands courants de l'art moderne à partir d'illusions optiques. Une immersion fascinante où le spectateur foule la croûte extraterrestre et des glaciers intergalactiques mais reste dérouté face à ces toiles fluo qui pivotent sur elles-mêmes. Stéphane Calais lui se saisit du geste pictural pour rejouer l'architecture du bâtiment sur les fenêtres et dans le hall. Une fête galante dans un collage mural monumental où les formes, les styles, les motifs croisent la peinture, le dessin, la sérigraphie, la sculpture. Figure atypique, Stéphane Calais ouvre les anémochories ,ces graines jetées au vent qui essaiment avec Vivien Roubaud, Shana Moulton, Martin Soto Climent et Babi Badalov. Vivien Roubaud que j'avais découvert à Sèvres Outdoors avec ces grandes sphères a-productives revient au Palais de Tokyo avec une installation d'une grande simplicité et poésie, cette bâche qui flotte au dessus de nos têtes et oscille au gré d'épiphénomènes. La révélation de ce panorama ! L'américaine Shana Moulton se met en scène dans des performances et videos téléportant son double, "Cynthia" dans des univers bricolés et empruntés aux studio du cinéma. La présence d'objets renforce la dimension tactile de son approche mais sous cette apparente séduction se cache une critique des stéréotypes au féminin.Le mexicain Martin Soto Climent (SAM Art Projects) est l'autre révélation selon moi avec également une économie de moyens, en l'occurrence ici des collants tendus pour former comme une voûte au dessus du café baptisé "Bas Bar" qui inaugure un nouvel espace de restauration au milieu du parcours des expositions. Cette gigantesque toile organique et érotique perturbe les usages et provoque un trouble.

Louidgi Beltrame, également lauréat SAM Art Projects que j'avais rencontré à son retour du Pérou nous dévoile son dernier projet El Brujo, littéralement le sorcier et également nom du site tellurique,de la civilisation andine Machicha, fortement chargé, nécropolis à ciel ouvert, entourée de cannes à sucre, mémoire d'une histoire coloniale et régulièrement investie par par des profanateurs de tombes, paysans pauvres qui vivent de ce trafic. Il imagine alors d'y superposer une scène emblématique du cinéma de la Nouvelle Vague, le final des 400 coups de Truffaut quand le héros incarné par Jean-Pierre Léaud s'enfuit du centre de délinquance et court face à l'océan, atlantique cette fois, qu'il découvre pour la première fois. Pour déplacer cette scène aux antipodes, à la fois dans le temps et dans l'espace Jean-Pierre Léaud après avoir accepté de se rendre au Pérou, finalement empêché est remplacé par un guérisseur rencontré sur place qui accepte de jouer son rôle, opérant alors un transfert d'énergie. Choisissant la salle 37 qui remonte à l'époque de la Cinémathèque, le film projeté en boucle devait être assorti des repérages pris en Super 8 et d'affiches inspirées de la culture péruvienne du chicha, musique des quartiers populaires de Lima, sauf qu'au final tout le contexte n'apparaît pas.

Simon Evans, duo d'artistes lauréats Prix Canson 2014 qui s'offre un écrin immaculé et une vraie visibilité à l'occasion,est l'un de mes coups de coeur. Cette cartographie de l'inconscient écrite à 4 mains est tout simplement prodigieuse. A partir de débris, mots; collages, dessins, écritures spontanées,leurs collectes d'informations au gré d'errances urbaines se rapprochent des diagrammes, inventaires rationnels ou autres expérimentations situationnistes sans toutefois les singer complètement. On a envie de se perdre dans ce labyrinthe addictif !

Petit bémol du côté de Sara Favriau, prix découverte des Amis du Palais de Tokyo avec ces réceptacles cabanes faites de 2000 tasseaux d'épicea brut sculptés et assemblés. Si l'on peut saluer ce geste il est curieux d'observer qu'à l'intérieur l'artiste invite d'autres artistes, ce qui amoindrit le propos au final ou alors il s'agit d'une nouvelle forme de commissariat d'artiste à laquelle je ne suis pas très sensible.

Au final, ces 11 artistes éclectiques forment ce "rhizome généralisé" cher à Alberola, ces connexions multiples à débusquer au détour d'infinis détails.Le secret pour les relier réside sans doute dans ces passages, frontières et murs qu'il nous faudra traverser, contourner ou enjamber. A nous de décider si cela reste du domaine du possible. Un parcours somme toute très initiatique.

Infos pratiques :

Saison : Arpenter l'intervalle

Palais de Tokyo

jusqu'au 16 mai 2016

http://www.palaisdetokyo.com

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