Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les Marquises : terres de légende, eden de la création

par Marie de la Fresnaye 12 Avril 2016, 20:55 Expositions Paris

 © musée du quai Branly.
 © musée du quai Branly.
 © musée du quai Branly.
 © musée du quai Branly.
 © musée du quai Branly.
 © musée du quai Branly.
 © musée du quai Branly.
 © musée du quai Branly.

© musée du quai Branly.

Mellville, Stevenson, Gauguin, Brel et même Stéphane Martin, actuel directeur du musée du Quai Branly, tous sont passés par les Marquises et sont tombés sous le charme de cet archipel du bout du monde. L'exposition MATA HOATA du musée du Quai Branly tente de percer le mythe à travers un ensemble exceptionnel de 400 oeuvres dont l'un des chefs d'oeuvre de Gauguin prêté par Orsay, réunies pour la 1ère fois en France. Un parcours tout en courbes et en ressac où chaque île dérive de la précédente, comme le mythe fondateur de la construction d'une maison par le dieu Atea pour la déesse Atanua. Le titre tout d'abord que l'on pourrait traduire par "regard (mata) éclairé" (hoata) induit la place de l'homme au sein de l'art et de l'univers. C'était la généalogie qui décidait de cette place dans la société c'est pourquoi des aides mémoires mnémotechniques étaient utilisés lors des récitations pendant les fêtes et célébrations familiales. Autres objets fortement symboliques utilisés pendant les cérémonies religieuses, les fameux tiki sculptés dans différents matériaux et dont les têtes volumineuses, les mains sur l'estomac et les jambes arquées sont tout de suite reconnaissables. Un emblème à lui tout seul de ce peuple de la Polynésie trop souvent confondu avec son voisin tahitien. La complexité de sa culture se mesure dans les attributs dont sont parés chefs guerriers et personnages de haut rang : tatouages, art sacré transmis par les dieux, ornements de tête, d'oreilles et de cou, coiffes, massues, ...Ces Marquisiens séduisants et bien bâtis, "la plus belle race humaine de cette terre" selon le témoignage de James Cook marquent l'imaginaire des premiers explorateurs qui en font des portraits, avant que la photographie ne permette une autre captation du réel. Des cabinets de curiosité au milieu des sections donnent un éclairage sur la perception occidentale de ce peuple. Du moment du contact aux XVIIIè et XIXè siècles à la domination coloniale française (dessins de Radiguet, photographies noir et blanc de Paul-Emile Miot) qui marque de profonds changements comme une condamnation au silence due aux missionnaires, une chute démographique suite aux nouvelles maladies introduites ou l'évolution vers un artisanat à vocation commercial, sans que les rites et traditions ne se perdent tout à fait. Puis une ère de renouveau se dessine principalement véhiculée par les arts contemporains pour cette population qui reste très jeune. Le Festival des arts des Marquises (Matavaa) qui a lieu tous les 2 ans sur chacune des 6 îles de l'archipel est un évènement et un marqueur identitaire fort entre tradition et modernité.

Embarquez donc pour un voyage sans retour où vous laisserez votre pirogue à l'entrée du jardin du musée avant de rencontrer dans la forêt un totem bienveillant qui vous indiquera le chemin pour cette traversée d'un paradis perdu où vous aurez peut être la chance de croiser des descendants de dignitaires à l'allure athlétique, couverts de leur coiffe et marchant pieds nus au milieu des terrasses et sources remarquables...

Infos pratiques :

MATA HOATA arts et société aux îles marquises

jusqu'au 24 juillet 2016

musée du Quai Branly

www.quaibranly.fr

Autour de l'exposition : colloque les 12 et 13 avril "connaitre son passé pour regarder l'avenir"

Catalogue Coédition musée du quai Branly/Actes Sud, 320 pages, 47€

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
commentaires

Haut de page