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©Angela Grauerholz.
©Angela Grauerholz.
©Angela Grauerholz.
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©Angela Grauerholz.

En parallèle à la publication de sa monographie chez Steidl, le Centre culturel canadien présente une quarantaine de travaux récents de la photographe Angela Grauerholz née à Hambourg en 1952 et résidant à Montréal.
S'écartant d'une logique chronologique ou thématique Catherine Bédard, la commissaire a favorisé l'émergence de constellations d'images autour de pôles contraires : attraction/répulsion, transparence/opacité, intérieur/extérieur. Son usage de la couleur à partir de 2001 instaure un glissement vers une fausse proximité dans des lieux vidés de toute présence humaine et comme refermés sur eux-mêmes. Les rideaux, écrans, tentures, miroirs, nous en bloquent l'accès. 
 
Nous restons sur le seuil dans l'attente d'un dénouement. Comme avec "Deux prises" (titre cinématographique), détail incongru qui tranche sur un panneau mauve au dessus d'un canapé défraîchi, ou avec "Three chairs" mal alignées ou encore "Garderobe", cette armoire fermée qui semble flotter d'une aura mystérieuse. 
Le décor peut devenir oppressant, prenant le pas sur notre perception jusqu'à la mise à distance radicale de la série "Privation"que l'on découvre à l'étage supérieur, réalisée à la suite de l'incendie d'une partie des archives de la bibliothèque de l'artiste. Comme si la perte se voyait interrogée par la possibilité de reproduction de l'image à l'infini, alors qu'il est bien question ici de deuil. En agrandissant les livres par rapport à leur format initial dans une approche volontairement uniformisée et conceptuelle, on peut y voir des stèles en hommage au savoir et à la connaissance renvoyant à d'autres entreprises de destruction planétaires. Une fois encore ce qui compte est ce qui se passe dans l'intervalle entre les images, cet espace insondable et inédit, cette distorsion du réel qui en appelle à toute la sagacité du regardeur.
 
L'exposition est organisée en partenariat avec la galerie Françoise Paviot à Paris, qui représente l'artiste en France.
 
Infos pratiques:
 
Angela Grauerholz écrins, écrans
jusqu'au 24 mars 2017
Centre culturel canadien
5 rue de Constantine, Paris 7è
 

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