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©Gao Bo, Bernard Plossu, Vincent Perez.
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©Gao Bo, Bernard Plossu, Vincent Perez.

Depuis quelque temps la Maison Européenne de la photographie fait dans le glamour (Karl Lagerfeld en 2013), devenant je cite "the place to be" au risque d'y perdre en cohérence et exigence. L'exposition de l'acteur et réalisateur Vincent Pérez ne déroge pas à la règle. S'il se sent citoyen du monde, mère allemande, père espagnol et femme née à Dakar cela ne lui donne automatiquement pas les gages de l'altérité. Certes l'on apprend dans Paris Match que les Sapeurs sénégalais ont mis l'ambiance le soir du vernissage et que ses portraits restent "abordables" soit 5000 € pour les petits formats et 8000 pour les grands ! Quand même. L'on ne dépasse malheureusement pas les clichés habituels devant les pauses de ces femmes africaines ou ces russes exilés. Dommage, les tirages eux sont impeccables.

On se console vite devant l'incitation à la méditation et au zen de Gao Bo dont les chemins de prière tibétains investissent l'entrée et le jardin de l'institution. Comme une invitation à la gravité dès le seuil franchi face à ces dizaines de visages de moines bouddhistes qui l'imprègnent au cours de ses nombreux voyages aux confins de ce territoire minéral et sacré. Son histoire est incroyable. Après une enfance pauvre pendant la Révolution Culturelle et une vocation contrariée dans la musique, relativement incompris de son milieu, Gao BO est révélé par hasard à la photographie quand l'un de ses professeurs aux beaux arts lui prête un appareil de photo modeste et qu'il décroche à sa grande surprise le prix Hasselblad. La suite tient de la résilience, depuis le suicide de sa mère sous un train alors qu'il n'a que 8 ans ou les exécutions publiques auxquelles il assiste très tôt. Des catalyseurs traumatiques immenses qui vont le pousser à quitter un monde strictement  binaire pour aborder une symbolique spirituelle d'éternel recommencement. Cette conscience précoce d'une possible reconstruction par l'art et les images devient son manifeste. Bientôt il puisera dans son propre sang pour se livrer à de véritables sacrifices et repousser les limites du medium en intervenant sur les négatifs même (émouvante série Esquisse de portrait tibétain du 1er étage).

Il y a comme une "urgence à agir", souligne François Tamisier, co-commissaire de l'exposition avec Jean-Luc Monterosso. Les interventions se font de plus en plus radicales, Gao Bo n'hésite pas à brûler une série de portraits de condamnés à mort ou à recouvrir de peinture noire de grands tirages. La mémoire, la trace, la disparition sont convoqués dans ces rituels qui tiennent d'un art total et englobent rapidement d'autres champs de la création contemporaine : la video, l'écriture calligraphique,les néons, les artefacts du quotidien (Duchamp n'est jamais loin), l'installation, la performance, évoluant au fil de ses impulsions et sans aucune limite.
Ce questionnement perpétuel et bouillonnant permet-il de panser les blessures, de celui qui aime se mesurer au mythe du cow boy ? Une chose est sure, la découverte pour la première fois en Europe de plusieurs de ses séries emblématiques apporte un éclairage inédit au public d'un artiste authentique qui ne cède pas comme nombre de ses compatriotes aux sirènes du marché mais plutôt à une exigence pleinement consciente d'un "monde toujours en dualité".
 
Bernard Plossu à la suite d'un don de l'ensemble de sa collection en 2016, revisite à travers 160 tirages les lignes de force de cette collection de 1967 à nos jours. De formidables rencontres entre collègues français mais aussi américains et des échanges "dans une liberté totale". L'accrochage favorise échos et correspondances. Du grand art !
 
Infos pratiques :

Gao Bo, les Offrandes

Les Rencontres de Bernard Plossu

Donations récentes

Jean-Yves Cousseau

 

http://www.mep-fr.org/

 

 

Tag(s) : #Photographie, #Expositions Paris, #Performance

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