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©Musée national Picasso Paris ©RMN Gd Palais ©Succession Picasso.
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©Musée national Picasso Paris ©RMN Gd Palais ©Succession Picasso.

C'est l'histoire d'une passion qui peu à peu se dissout, Picasso étant incapable de résister à l'arrivée de Marie-Thérèse Walter qui occulte dans l'histoire le visage de la première muse, Olga à qui le musée Picasso rend un hommage novateur. Née Olga Khokhlova en 1891 en Ukraine, elle quitte St Pétersbourg pour intégrer les Ballets Russes en 1911, entamant une série de voyages avec la troupe en Europe et Amérique. C'est à Rome à l'âge de 26 ans qu'elle rencontre Picasso qui l'épouse un an plus tard à l'église russe de la rue Daru à Paris. Le jeune couple s'installe 23 rue La Boétie. C'est alors qu'Olga perd contact avec sa famille frappée de précarité suite à la révolution de 1917, ce qui se traduit dans son attitude pensive et préoccupée que Picasso retranscrit dans des tableaux de facture néoclassique et ingresque. Les époux eux vivent une véritable ascension sociale et vie mondaine trépidante entre Paris, la villa de Juan-les-Pins et le château de Boisgeloup où se retrouve toute l'intelligentsia de l'époque. Ce sont trois films tournés au printemps 1931 dans cette propriété normande qui donnent une vision plus spontanée et radieuse d'Olga dans ces moments complices même si elle tient son rang et affectionne son nouveau statut, comme impuissante face au drame que vivent ses proches. Elle n'est pas uniquement cette épouse respectable et maîtresse de maison accomplie comme le révèle aussi sa prolixe correspondance avec les siens retrouvée dans sa malle-cabine Goyard, autre révélation de l'exposition que l'on doit à Bernard Ruiz-Picasso, qui contient également photos, crucifix, tutus et autres effets personnels. Elle vit une tragédie, écartelée au fil des nouvelles désastreuses de ses sœurs et son frère. Le train de vie prend une nouvelle tournure avec la naissance de Paul, objet de fascination pour Olga et Picasso qui donne lieu à des images de bonheur et de plénitude maternelle.

C'est alors que Picasso entretient une relation secrète avec Marie-Thérèse Walter âgée de 17 ans, fraîche et joyeuse alors qu'Olga devient distante et plus brutale au fur et à mesure de la crise que traverse le couple. Une évolution dans sa représentation qui n'ira que s'accentuant jusqu'à leur séparation en 1935. Olga devient menaçante et déformée par la jalousie et la colère, livrant un combat sans merci à Picasso qui le traduit dans ses corridas et crucifixions. On est loin du serment inconditionnel passé entre eux, même si les époux ne divorcent pas. Olga qui continue d'écrire quotidiennement jusqu'à sa mort à son époux hantera sa peinture. C'est une personnalité plus complexe et passionnée que la vision habituellement froide et ennuyeuse qui lui est attachée et c'est l'un des mérites de cette exposition totalement inédite.

Au musée du Quai Branly, Picasso Primitif co-organisé avec le musée national Picasso, propose une véritable enquête sur les influences non européennes et archétypales dans l'œuvre du maître andalou. Le masque, les entités hybrides, les ambivalences visuelles et métamorphoses sont au cœur de son processus créateur. A travers 300 œuvres de toutes origines, c'est une traversée des formes à laquelle nous sommes conviés dans un jeu d'échos et de correspondances formelles très abouties. De sa visite au musée d'ethnographie du Trocadéro à son arrivée à Paris aux Demoiselles d'Avignon nous assistons à une mutation plastique et révélation bouleversantes dans un vrai corps à corps. De nouvelles découvertes comme ce dessin plein d'humour "la Parisienne et figures exotiques"de 1906. Ces muses là ne le quittent pas non plus !

Signalons également une Saison Picasso à Rouen avec Boisgeloup : l'atelier normand au Musée des Beaux Arts, l'ouverture exceptionnelle du château de Boisgeloup, l'amitiée Gonzalez/Picasso et les sculptures céramiques.

Infos pratiques :

Olga Picasso

jusqu'au 3 septembre 2017

Musée Picasso

http://www.museepicassoparis.fr

Catalogue Olga Picasso,336 pages, 39 € disponible à la librairie du musée.

Picasso Primitif

jusqu'au 23 juillet 2017

Musée du quai Branly-Jacques Chirac

Catalogue Picasso Primitif coédition musée du quai Branly/Flammarion

http://www.quaibranly.fr/fr/

 

 

Tag(s) : #Peinture, #Expositions Paris, #Sculpture, #Histoire de l'art

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