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L'Amérique des freaks d'Harmony Korine au Centre Pompidou
L'Amérique des freaks d'Harmony Korine au Centre Pompidou
L'Amérique des freaks d'Harmony Korine au Centre Pompidou
L'Amérique des freaks d'Harmony Korine au Centre Pompidou

Si l'American Dream a un revers, il ne cesse de le traquer depuis ses 18 ans quand Harmony Korine se fait remarquer avec son skate par Larry Clark et qu'il imagine alors le scénario de "Kids", cette dérive crue et sans concession de la jeunesse américaine, devenue culte. Les failles se cachent sous une myriade de couleurs et d'énergie sauvage chez ce natif  talentueux de Nashville qui fête ses 40 Ans en entrant dans la puissante écurie Gagosian. Le Centre Pompidou dans le cadre du festival d'Automne lui rend un double hommage : une rétrospective de ses films et une exposition, la première en France de l'ensemble de sa production depuis son adolescence.

On y retrouve Gumno (1997) et Julien Donkey-Boy (1999), deux ovnis cinématographiques sur l'Amérique des marges, les freaks et magiciens bizarres chers à Diane Arbus, qu'il a croisés enfant dans les cirques du Sud.

Gus Van Sant ou Werner Herzog se réclament de son esthétique flamboyante nourrie d'underground et de R’n’B, dark et saturée, anticipant "l'hyper-réalité YouTube".
 
Chantre de la contre culture américaine il nous livre sur plus de 1000m²  à travers cette carte blanche l'étendue de de son talent où la sidération le dispute à la transcendance.
Photographies, peintures, collages, poésie, découpage il revendique l'art de "faire des fautes", le mistakism. Comme dans un patchwork narratif où cohabitent différentes textures d'images. Il déclare : "Tous les médiums (vidéo, analogique, 35 mm, 16 mm, HD, Super 8..) sont des instruments au son particulier; ils sont comme des crayons de différentes couleurs". Cela participe chez lui d'une même vision esthétique. Des fragments où l'on sent l'influence de Cassavetes, Fellini ou Godard qu'il vénère.
Dans sa mythologie l'art vernaculaire afro-américain tutoie rituels blasphématoires et pornographie estudiantine avec le fameux "Spring Breakers", cette épopée au féminin sur fond de sexe, drogues & pop, ces bimbos en bikini (Selena Gomez, Vanessa Hudgens et Ashley Benson) en quête de sensations fortes pour leur orgie annuelle qui braquent un fast-food puis des touristes, suivent un dealer (James Franco) et finissent en prison pour replonger de nouveau. Le tout dans un continuum d'images fun et hallucinatoires jusqu'à saturation. Comme un moment de spleen planant dont on ressort groggy, un shoot d'adrénaline qui tourne court.
Une expérience unique et déviante dont il a le secret entre l'Enfer de Baudelaire et le sublime de Blake. L'innocence ou la perversion, le vide ou le plein, le profane ou le sacré.
La beauté sera convulsive ou ne sera pas !
On attend avec impatience la sortie de "the Beach Bum" avec Matthew McConaughey en 2018 !
 
En parallèle ne manquez pas l'exposition à la galerie du jour agnès b : une sélection d'œuvres de la collection et d'œuvres récentes.
 
 
Infos pratiques :
 
Harmony Korine
Exposition 
Rétrospective de films 
 
jusqu'au 5 novembre 2017
 
de 11h à 21h
Forum -1 - Centre Pompidou, Paris
Tag(s) : #Art contemporain, #Cinéma, #Expositions Paris

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